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SPF or not SPF ? quand et comment se protéger du soleil ? l’avis d’un expert

Le colibri s’est entretenu avec Eric Perrier, expert en Recherche et Développement dans le domaine de la beauté, afin d’essayer de démêler le vrai du faux sur les SPF et ce que l’on peut en lire dans les magazines.

Eric Perrier

Eric Perrier

Depuis toujours dans la Recherche et Développement, 15 ans directeur R&D chez Coletica, puis 7 ans à la Direction des laboratoires du groupe LVMH et 3 ans chez Essilor, Eric Perrier connaît bien son sujet. En tant qu’ancien collègue de LVMH, il répond aux questions du colibri en toute indépendance.

En introduction, pouvez-vous rappeler en quelques mots quels sont les méfaits du soleil sur la peau ?

À cette première question, Eric Perrier a souhaité rappeler qu’à force de parler des méfaits du soleil, on en oublie ses bienfaits… « Le soleil a deux effets positifs importants : il permet la  synthèse de la vitamine D et il permet de synchroniser nos horloges biologiques. »
Sur la vitamine D : il est important de rappeler que « la vitamine D n’est fabriquée que si l’on s’expose au soleil (une exposition de 15 à 30 minutes par jour est suffisante par exemple) et que nous sommes chroniquement en déficit de cette vitamine 9 mois sur 12. »
En outre une protection solaire élevée (SPF) peut empêcher de synthétiser la vitamine D.
Sur la chronobiologie : « L’exposition au soleil est très importante pour réguler nos horloges biologiques, qui elles-mêmes jouent un rôle capital dans la qualité du sommeil, la gestion de l’humeur, mais qui ont aussi un impact sur plusieurs volets de la santé humaine comme l’obésité…»

Bon à savoir : lorsque vous êtes en décalage horaire, le premier truc à faire dans la mesure du possible est de s’exposer au soleil si on arrive de jour à notre destination. Cela permettra de recaler notre horloge biologique plus rapidement et de stopper la synthèse de la mélatonine (une des hormones responsables de notre sommeil).
Cela étant dit, il faut se protéger du soleil chaque fois que cela est nécessaire lors de période prolongée, en vacances, à la montagne, en bord de mer…

Quelles sont les choses importantes à savoir pour bien se protéger du soleil ?

Petit rappel sur les UV : il y en a trois sortes.

  • uv-solaire

    © Coola

    Les UVC qui n’atteignent pas l’atmosphère,

  • Les UVB, responsables des coups de soleil, et desquels on se protège avec des crèmes avec FPS (Facteurs de Protection Solaire) ou SPF (Sun Protection Factor). Ils permettent de moduler la pigmentation (notre bronzage) mais ne filtrent pas les UVA.
  • Les UVA eux pénètrent très en profondeur dans l’épiderme, ne génèrent pas de coups de soleil mais sont responsables de dégâts très importants.

« On parle beaucoup d’éviter le coup de soleil, mais en réalité, le coup de soleil est le symptôme ultime d’une dégradation plus grave qui s’est produite avant dans la peau. Quand le coup de soleil apparaît, les mécanismes de défense de la peau sont déjà en action depuis longtemps ! »

En résumé, les UVA attaquent les cellules, qui activent des mécanismes de réparation mais au bout d’un certain temps, certaines cellules ont épuisé leur « capital réparation ». Soit elles meurent, soit elles dégénèrent et prolifèrent, pouvant ainsi causer des maladies aggravées aussi par l’association d’autres facteurs environnementaux, alimentaires… (Par ex le cancer de la peau).

Bon à savoir pour les adeptes du bronzage en cabine : les cabines autobronzantes fonctionnent avec les UVA… Pas de coups de soleil mais des dommages en profondeur dans la peau.
L’alternative : la gélule aux caroténoides (carottes) ou au licopène (tomate) type Oenobiol à prendre  un mois avant exposition, pendant et après. D’ailleurs elles sont souvent recommandées par les dermatos pour les peux sensibles et c’est vrai que c’est efficace (utilisé régulièrement par le colibri).
L’option healthy : boire des jus de myrtilles, carottes et tomates toute l’année qui permettront d’assurer une protection naturelle à la peau toute l’année. (Souvenez-vous, la peau est le reflet de ce que l’on mange.)

Une bonne protection solaire s’impose mais laquelle choisir ?

Évidemment, tout dépend du type de peaux.

spf-protection

© Coola

Les choses importantes à savoir :

  • Un bon écran solaire doit protéger des UVB et des UVA. La règlementation européenne en la matière est un ratio de protection de 1 à 3 entre UVA et UVB
    Ex : SFP 50 – UVA +++ / SPF30 – UVA ++
  • Un SPF faible protège déjà très bien puisque les produits SPF 15 stoppent 93% des UVB, et les produits SPF 50 en arrêtent 98% !
    « Il est donc préférable d’utiliser un SPF 30 et de le réappliquer régulièrement, plutôt que d’utiliser un SPF 50 en se croyant protégé pour la journée »

On dit que les filtres solaires ne sont pas bons pour la peau ?

« En effet, les filtres organiques (chimiques) peuvent pénétrer dans la peau et seraient considérés comme des perturbateurs endocriniens (à l’étude en ce moment mais c’est un sujet préoccupant car il y a un faisceau convergent de données scientifiques et techniques qui vont dans ce sens ».

Petit bémol : les quantités de crème solaire appliquées sur la peau, quelques grammes par mois sont à comparer à la quantité d’alimentation non bio (bourrée de pesticides) que l’on ingère par jour et qui se mesure, elle, en kg…

Est-ce qu’il existe des alternatives aux filtres organiques ?

filtres solaires

© Coola

« Oui, il s’agit des filtres minéraux : l’oxyde de titane et l’oxyde de zinc (ndlr : poudres microscopiques opaques). L’intérêt de ces filtres est qu’ils restent à la surface de la peau et réfléchissent les UV au lieu de les absorber comme le font les filtres chimiques. »
Le problème, c’est que ces filtres sont souvent à l’origine de texture épaisse, très blanche, et difficile à appliquer car ils sont sous forme « micro ».
« C’est pour cette raison que les filtres minéraux sous la forme nano ont été développés, et il a été démontré que sur une peau saine, non lésée, ces filtres même sous la forme nano ne pénétraient pas. Le filtre sous la forme nano permet en effet une texture beaucoup plus homogène et facile à appliquer.» (NDLR Eric Perrier était le président de la Commission Nano de Cosmetics Europe)

Que pensez-vous des produits de soins avec des SPF ?

« C’est une aberration. En cosmétique, si on veut faire pénétrer des actifs dans la peau, on va formuler une texture qui va stimuler la pénétration des actifs. On ne peut donc pas avoir dans une même crème un actif « fermeté » à qui on va demander de pénétrer dans la peau afin d’activer les fibroblastes (cellules de la peau) et des filtres solaires à qui on va demander de rester en surface… »
Il est donc très important d’utiliser des produits de soins sans SPF et d’appliquer au minimum 30 minutes après son écran solaire. L’écran solaire doit agir comme un top coat sur le visage.

Récemment, on a vu apparaître des nouvelles textures comme les huiles et les brumes solaires, qu’en pensez-vous ?

« Les huiles sont des bons produits. L’homogénéité de la protection est bien assurée et le film déposé est plutôt régulier. »
En revanche, ce type de texture est un peu collante. Moins pratique pour une vie normale ou sportive mais joli effet esthétique satiné sur la peau.
« Les brumes solaires sont également intéressantes »
Très pratiques à avoir dans son sac en cas de pause au soleil, ou au parc… pour celles qui ne peuvent se départir de leur SPF quotidien même en ville. Le colibri a testé la brume Bioderma SPF 30 (plus aqueuse www.bioderma.fr) et la brume Anthelios SPF 50 (légèrement plus épaisse www.laroche-posay.fr). Pratiques, et efficaces, elles sont parfaites pour une utilisation quotidienne .

Bon à savoir : à vaporiser dans un endroit à l’abri du vent et ne pas respirer lors de la vaporisation.
Si vous l’utilisez comme produit solaire, vaporiser dans la main et appliquer ensuite sur la peau. Cela évitera le problème de dispersion.

Le maquillage peut-il être une alternative ?

« Oui, le maquillage peut jouer le rôle de protection solaire, à condition de porter un fond de teint et une poudre. Vous obtiendrez alors l’équivalent d’un SPF 15 à 30, en fonction des produits utilisés. »

En conclusion :
il n’y a pas un unique code de bonne conduite au soleil, tout dépend de vos habitudes de vie et de votre type de peau.

Les recommandations de Eric Perrier dans le cas d’une peau saine et sans problématique liée au soleil :

  • Si vous êtes exposés moins de 20 minutes dans le cadre de votre activité journalière, pas besoin de SPF et vous profiterez des bienfaits du soleil.
  • Si vous vous exposez plus de 30 minutes, utilisez un écran solaire mais indépendant de votre routine de soin. Ne mélangez pas votre crème antirides avec un SPF.
  • En fonction des types de peau, un SPF 30 ou plus à réappliquer toutes les deux heures.
  • Privilégiez les marques qui sont spécialisées dans la protection solaire (par exemple : la gamme Anthelios chez Laroche Posay – , ou pour les peaux fragiles la gamme Photoderm de Bioderma –
  • Privilégiez les filtres minéraux quand cela est possible et les textures les plus homogènes possible.
  • Avant les périodes de forte et fréquente exposition, préparez votre peau avec les gélules de type
  • Buvez des jus ou consommez des fruits riches en antioxydants qui permettent d’activer naturellement les mécanismes de protection de la peau
  • Et on top, rien ne vaut le chapeau et les lunettes !

Renseignements produits : www.laroche-posay.fr , www.bioderma.frwww.oenobiol.com

Le colibri remercie Eric Perrier pour cet entretien vous souhaite un bel été !

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